Un semis précoce réussi avec le strip-till
En combinant strip-till et semoir monograine, Didier Bordeau assure l’implantation de ses colzas, même dans le sec.
En combinant strip-till et semoir monograine, Didier Bordeau assure l’implantation de ses colzas, même dans le sec.

Avant même de s’installer sur l’exploitation familiale, Didier Bordeau a arrêté de labourer ses parcelles en 1995. L’agriculteur de La Chapelle-Huon, qui conduit par ailleurs 4 bâtiments de volailles de chair Label rouge de Loué, expérimente donc depuis près de 30 ans les techniques et les outils de l’agriculture de conservation des sols sur ses 130 ha. Dans sa rotation de cultures d’hiver (blé/orge/colza), il a introduit du pois d’hiver et de la féverole. «Sans irrigation et en TCS, les cultures de printemps sont plus difficiles à conduire, estime-t-il, le colza est en revanche une plante qui se prête bien à un travail superficiel».
Avec deux de ses voisins - Tony Janvier et Pierre Grasteau- également adeptes de TCS, Didier Bordeau a investi dans un ensemble strip-till/semoir monograine il y a quelques années. «Ce type de combiné est destiné habituellement au maïs, mais nous l’avons acheté pour implanter au total 150 ha de colza», souligne-t-il. L’outil de travail du sol de la marque Düro dispose d’une dent très fine qui permet d’ouvrir le sol sur une profondeur de 15 cm avant le passage du rouleau. «Mais elle ne bouleverse pas le sol, insiste l’agriculteur, nous progressons d’ailleurs lentement, à raison d’un hectare à l’heure. Mais le sillon ainsi ouvert sécurise le positionnement de la graine, dans le frais». Les disques ouvreurs, positionnés à l’avant de l’outil pour chasser les débris, n’ont pas été nécessaires cette année.
Avec cette technique, Didier Bordeau arrive à obtenir une structure fine sur le premier horizon du sol. 10 mm de pluie, tombés quelques jours après le semis début août, ont suffi à faire lever la plante qui présente aujourd'hui un bon développement.