Lait
Retour aux négociations commerciales : les éleveurs laitiers s’y opposent
Ce lundi 15 mai, la section laitière de la FDSEA s’est mobilisée au Leclerc des Fontenelles. L’objectif était clair : veiller à l’application de la loi Egalim en assurant des produits français en rayon et en surveillant les prix trop bas mis en avant.
Ce lundi 15 mai, la section laitière de la FDSEA s’est mobilisée au Leclerc des Fontenelles. L’objectif était clair : veiller à l’application de la loi Egalim en assurant des produits français en rayon et en surveillant les prix trop bas mis en avant.

Trop, c’est trop : après des années de combat pour l’application de la loi Egalim, tout est remis en question par deux hommes tirant les ficelles de l’économie française: Bruno Le Maire et Michel-Edouard Leclerc.En anticipation des discussions entre les représentants syndicaux et les représentants de la grande distribution, la section laitière a procédé au stickage, dans les rayons, des prix trop faibles et ceux d’origine étrangère. 4 caddies complets ont été ainsi étiquetés « inconvenants et déloyaux ». Ils ont été remis en chambre froide afin de ne pas couper la chaîne du froid, en attente de don à une association d’aide alimentaire. Par ailleurs, la réaction de la grande surface a été immédiate en retirant des rayons les produits d’origine non-française.
La lutte contre l’inflation est la porte ouverte à la guerre des prix et à l’importation.Les agriculteurs sarthois n’accepteront pas que la lutte contre l’inflation se fasse sur le dos de leur rémunération et au détriment de leurs productions. L’opération de ce lundi ne restera qu’une première étape si le retour aux négociations commerciales est imposé !
Patrice Riauté, président de la section laitière de la FDSEA : « Une déclaration de guerre aux producteurs de lait français »
« Mercredi dernier, sur BFMTV, Michel-Edouard Leclerc annonçait sans sourciller vouloir aller se fournir ailleurs en Europe pour aller chercher ce qui est de moins cher, et mettre ainsi la pression sur ses fournisseurs français, accusés d’être responsables de l’inflation. Certes, il n’a pas cité spécifiquement le secteur laitier, mais on le sait capable de le faire puisqu’on a vu récemment débarquer dans ses rayons du beurre marque repère fabriqué en France avec du lait...irlandais ! Tout ceci est scandaleux ! Les producteurs français, je le rappelle, ont été payés moins cher en 2022 que leurs homologues européens, et le prix du lait français n’a d’ailleurs toujours pas rattrapé son retard par rapport à l’environnement européen. Nous avons donc participé directement à l’effort pour limiter l’inflation en 2022. Oser venir aujourd’hui nous demander de refaire des efforts sur 2023 pour baisser les prix est complètement déconnecté de la réalité que nous vivons dans la filière laitière. Nous ne nous laisserons pas voler en 2023 le prix du lait que nous méritons ! Les représentants de la Socamaine que nous avons rencontrés dès le lendemaoin ont tenté de nous rassurer en précisant que seules les matières premières industrielles seraient concernées par de nouvelles négociations. Restons vigilants afin que nos industriels ne répercutent pas ces négociations sur nos productions agricoles »