Les pucerons verts inquiètent les betteraviers
Pour limiter le risque de jaunisse, les producteurs peuvent utiliser deux insecticides foliaires, à appliquer lorsque l'infestation dépasse 10% de pieds touchés.

L'hiver doux et la chaleur de ce début de printemps ont favorisé les vols précoces et la multiplication des pucerons verts sur betteraves. L'inquiétude de la filière est d'autant plus forte que depuis deux ans, les enrobages de semences à base de néonicotinoïdes sont interdits. ' Cette technique permettait une maîtrise quasiment à 100% en année de forte pression comme celle-ci ', rappelle Alexandre Métais, responsable régional Normandie, Seine-Maritime, Eure et Sarthe à l'ITB (Institut Technique de la Betterave). Pour lutter contre les pucerons verts, les agriculteurs peuvent en revanche utiliser depuis l'année dernière deux insecticides foliaires : le Teppeki (flonicamide) et le Movento (spirotétramate). Il s'agit désormais pour eux d'être très attentifs aux parcelles pour déclencher un traitement au bon moment. Face à la très forte pression pucerons verts cette année, la Confédération des planteurs de Betterave (CGB), jugeant le Teppeki, insecticide de contact, ' plus opérant dans la situation actuelle ', a obtenu la modification de l'Autorisation de Mise en Marché du produit, le rendant désormais utilisable dès 2 feuilles.
A Saint-Rémy-des-Monts, Arnaud Juglet, qui a cette année emblavé 27 ha de betterave sucrière, a repéré les premiers insectes il y a une semaine, juste après son deuxième désherbage, au stade 2 feuilles. ' Ils ne sont pas faciles à voir du tout. Il faut lever, tourner les feuilles, regarder dans le coeur. Avant, on n'avait pas l'habitude de surveiller ', confie-t-il. Arnaud Juglet a réalisé un passage de Teppeki le surlendemain. L'année dernière, un passage de Teppeki lui a suffit, comme pour la plupart des producteurs du secteur, à gérer l'infestation qui était modérée.