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Quantifier l'amidon résiduel pour piloter la ration

La technologie Scanea consiste à estimer la teneur en amidon résiduel des bouses par analyse infrarouge. Nouri'Vrai et son partenaire Provimi l'utilisent chez des clients éleveurs pour les aider à piloter leur ration.

Avec ses bâtiments situés en limite du bourg de Juillé, dans le nord Sarthe, le Gaec Mohain conduit 130 vaches Prim'Holstein qui produisent 1,5 millions de litres de lait par an, avec 2 robots de traite. Pour leur suivi alimentaire, les 4 associés font appel depuis des années au fabricant Nouri'vrai (Benoît Bouix auparavant sur leur secteur) qui leur fournit correcteur azoté, aliment de production et veau et accompagne l'élevage pour adapter la ration aux besoins. Parmi les indicateurs observés de près, le taux de TP/TB, le taux d'urée résiduel du lait, ou encore la matière sèche du fourrage sur pied pour déclencher la récolte au bon moment. La part d'amidon non digérée et qui donc se retrouve partiellement dans les bouses est un autre paramètre important pour optimiser la ration.

Amener le laboratoire à la ferme

Depuis quelques années, Nouri'vrai propose à ses clients de réaliser, en collectif, l'analyse par infrarouge (technologie Scanea) de ce taux résiduel d'amidon via son partenaire Provimi, une entreprise spécialisée dans l'apport de solutions pour la nutrition (prémix, vitamines, minéraux.) « On peut estimer la part résiduelle en amidon à l'œil, mais cela reste subjectif, ou réaliser une analyse en laboratoire et il faut alors compter 2-3 semaines pour obtenir les résultats. Avec Scanea, on amène le labo à la ferme pour des analyses instantanées  », explique Douglas de Souza, responsable produit chez Provimi.

Remplir des boîtes de pétri

Dans la stabulation, l'expert étale les bouses avec sa botte pour une première analyse visuelle. « La consistance est bonne. Il n'y a pas de points blancs ou jaunes et les fibres sont courtes, cela indique qu'elles sont bien digérées.  » Pour l'analyse infrarouge, il remplit, à la petite cuiller, autant de boîtes de pétri que d'échantillons en évitant les pollutions (paille, etc.) et les bulles d'air. « On conseille, pour avoir une bonne représentativité, de prélever 10% des animaux.  » Sur la dizaine d'échantillons collectés, préférer les bouses fraîches et prélever au centre si une croûte s'est formée dessus. Le choix peut aussi être fait de prélever uniquement les vaches en début de lactation, la catégorie la plus exposée au risque d'acidose.

Moins de 3% d'amidon résiduel

Les boîtes sont ensuite scannées par dessous par le spectromètre, qui est calibré sur une référence avant chaque échantillon. Dix mesures sont prises, réparties sur la surface de la boîte, neuf autour et une au centre. Le résultat est un spectre d'absorbance, où l'expert identifie des pics caractéristiques des composants, notamment la matière sèche et l'amidon. Au Gaec Mohain, la teneur en amidon est assez variable, avec une moyenne à 2,8% et 14,2% de matière sèche. Un calcul permet aussi d'estimer la perte de lait associée, soit ici 0,4 kg par jour et par vache. « Sur 20 exploitations analysées récemment, les résultats allaient de 0,1 à 7,9, sachant que l'amidon résiduel ne devrait pas dépasser 3%. Au-delà, on commence à avoir une perte significative par rapport à la production laitière, une valeur inférieure indique qu'il y a un potentiel à chercher en ramenant de l'amidon. Mais on s'inquiète surtout en cas d'excès, qui peut provoquer une acidose du rumen et de l'intestin », explique Douglas de Souza.

Equilibrer la digestion

Les vaches du Gaec Mohain semblent donc bien valoriser l'amidon. La ration à l'auge, qui a été optimisée au fil du temps, se compose aujourd'hui de 37 kg brut d'ensilage de maïs, 10 kg d'ensilage d'herbe, 5 kg d'ensilage de sorgho, 7 kg de pommes de terre, sans compter des minéraux, un correcteur azoté apporté à l'auge et au robot et un aliment de production. « C'est la première campagne que l'on pratique le sorgho, récolté coupe directe ; nous le testerons avec un pré-fanage cette année », détaille Benoît Mohain.

Maîtriser l'éclatement du grain

En cas d'excès d'amidon non digéré, une solution est de travailler sur la forme en ramenant par exemple de l'amidon issu de céréales à paille, plus rapide. «  L'idée est d'équilibrer la digestion dans la panse et dans l'intestin en apportant à la fois des formes d'amidon lentes et rapides », explique Alexis L'Hermenault, responsable commercial chez Nouri'Vrai. 

Reste le levier de l'éclatement du grain, dont la qualité est essentielle. Déclencher son chantier d'ensilage au bon stade de maturité et bien le surveiller est la clé pour avoir un bon éclatement. De même, certaines variétés de maïs ont des grains plus résistants à la digestion (grains cornés) que d'autres (grains dentés). Provimi propose enfin une autre solution à base d'enzymes capables d'accélérer la digestion à la fois de l'enveloppe des grains de maïs et de l'amidon lui-même. « Quand on est bien calé, on a une vache en bonne santé, qui passe bien au robot et qui fait gagner du temps à l'éleveur  », conclut Alexis Lhermenault.

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