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Cultures
Déchaumer pour réduire le stock grainier

A Roëzé-sur Sarthe, Samuel Friscault procédait mardi au semis d'un couvert hivernal couplé à un déchaumage. Un faux-semis a été réalisé en amont via un déchaumeur à dents, pour réduire le stock grainier et détruire les limaces.

Dans le sol de la parcelle, les conditions d'humidité sont idéales, laissant facilement le déchaumeur passer tout en séchant rapidement derrière. " Quand le sol fleurit après l'outil -une petite croûte sèche apparaît tout de suite-, c'est que l'on peut y aller ", analyse Samuel Friscault, associé du Gaec de la Petite Chesnaie, à Voivres-lès-le-Mans. Après avoir reçu 23 mm sur son secteur le week-end dernier, l'agriculteur a dû attendre mardi 10 septembre pour intervenir sur sol portant : un déchaumage couplé au semis d'un couvert hivernal fermier. L'exploitation associe toujours ses semis d'automne (couverts, céréales) à des déchaumages pour faire germer les graines d'adventices, et ainsi réduire le stock grainier. Cette année où les sols se travaillent bien se prête particulièrement à la pratique du faux-semis, qui est d'autant plus justifiée après des impasses sur le désherbage l'automne dernier. 

Déchaumage à dents

Le Gaec de la Petite Chesnaie, qui dispose de 155 ha de SAU, pratique, sur parcelles non irriguées, une rotation triticale, maïs ; sur les parcelles irriguées la rotation s'allonge avec une culture de printemps : maïs, blé, ray-grass porte graine ou soja, blé, maïs. La parcelle de 9 ha située à Roëzé-sur-Sarthe, au sol sain et filtrant, en précédent triticale, était emblavée ce mardi d'un mélange pour couvert maison : pois, vesce, triticale et avoine -la semence qui a été produite sur 1 ha, a été moissonnée il y a 1 mois.

Pour maîtriser le salissement et notamment la présence de graminées et liserons, Samuel Friscault travaille le sol, en amont de ses semis de couverts, à l'aide d'un déchaumeur à dents qui décompacte le sol sur 15 cm (l'outil passe même en conditions sèches) et sert de faux-semis. Cette année, l'agriculteur et son apprenti ont déchaumé à la vingtaine d'août, dix jours après la moisson. " L'herbe avait poussé dans la céréale pendant l'été, ce qui n'arrive pas quand le climat est sec. Le liseron s'est particulièrement développé dans le blé, grimpant sur les tiges. Il faut dire qu'avec les conditions de l'automne, nous avons fait un désherbage de prélevée, puis essayé de faire des rattrapages, mais ça n'a pas toujours été possible. "

Remonter les œufs de limaces

Pour Franck Plessis, technicien des Ets Maudet (Beaumont-sur-Sarthe), le faux semis est un levier efficace pour réduire le stock grainier, notamment sur les problématiques de vulpins et ray-grass résistants, mais aussi pour détruire les limaces. " L'outil à dents ou à disques va remettre les graines en conditions de germination en réoxygénant le sol ; attention toutefois à utiliser le moins possible de disques sur chardons et liserons, qui se reproduisent par rhizomes, sous peine de découper les racines en morceaux et de les multiplier. Le déchaumage fait remonter les œufs de limaces à la lumière, ce qui les détruit : on considère qu'avec 2 faux-semis on peut réduire de 80 % le stock de limaces ", détaille-t-il. Les deux effets se combinent d'ailleurs, puisque qui dit moins de limaces dit culture (ou couvert) plus dense laissant moins de place aux adventices.

Casser les repousses avant le semis

Mardi dernier, les adventices avaient bien recouvert la parcelle depuis le faux-semis du 20 août : chardons, petits ray-grass, repousses de triticale, chénopodes...Pour le semis, Samuel Friscault avait réservé à la Cuma de Roëzé un déchaumeur à disques superficiel (5-6 cm) équipé d'un semoir, de manière à casser les repousses et préparer le lit de semences. L'outil, très apprécié des adhérents pour sa largeur (5 m) et sa vitesse (il peut déchaumer à 15 km/h), tourne sur plus de 1 000 ha par an. Samuel Friscault est obligé d'abaisser sa vitesse à 8 km pour son couvert, qu'il sème à 100 kg/ha. Il passera ensuite un rouleau pour rappuyer la graine sur le sol. Le couvert, qui n'est pas gélif, sera détruit en sortie d'hiver soit par un déchaumage, soit au gyrobroyeur soit au glyphosate selon l'état de portance des sols. L'agriculteur attend désormais du soleil pour faire germer son mélange, mais aussi pour faire mûrir le maïs.

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